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Rubrique médicale - La maladie de Charcot

Mise en ligne : 20-03-2026
Dernière mise à jour : 20-03-2026
Rubrique médicale - La maladie de Charcot

Alberto Tiritilli. Cardiologue : Professeur au Collège de Médecine des Hôpitaux de Paris (CMHP)

  • Résumé

Décrite en 1860 pour la première fois à Paris par les professeurs Charcot et Duchenne, la SLA touche en France environ 8000 personnes et 150 000 dans le monde. 1,5 d’hommes sont touchés pour une femme. Cinq à 10 % des cas sont d’origine familiale ou génétique. L’origine environnementale semble prépondérante (tabac, exposition à pesticides ou à des métaux lourds) sont suspectés. La SLA se déclare entre 50 et 70 ans. Les motoneurones du cortex cérébral se dégradent et ne commandent plus les muscles des membres, puis de l’organisme. En attendant un traitement curatif dédié, une prise en charge multidisciplinaire est mis en place, lutter contre la douleur (analgésiques, anti douleurs, antidépresseurs), une thérapie physique (ergothérapie, kinésithérapie, orthophonie), un soutien nutritionnel (régime adapté, stimulation de la digestion). La recherche s’attache à explorer les mécanismes qui déclenchent la dégradation prématurée des motoneurones. Mieux comprendre les causes permet une prise en charge plus rapide en facilitant le diagnostic et définissant des nouveaux protocoles de prise en charge. La recherche est une absolue nécessité.

  • Introduction

La sclérose latérale amyotrophique (SLA), communément appelée maladie de Charcot, est une affection neurodégénérative progressive caractérisée par la dégénérescence sélective des motoneurones du système nerveux central et périphérique. Cette pathologie entraîne une paralysie musculaire progressive conduisant, à terme, à une insuffisance respiratoire. Son pronostic demeure sévère malgré les progrès de la recherche.

  • Épidémiologie

La SLA est une maladie rare, avec une incidence estimée à 2 à 3 nouveaux cas pour 100 000 personnes par an. Elle survient le plus souvent entre 50 et 70 ans, avec une légère prédominance masculine. Environ 5 à 10 % des cas sont familiaux, liés à des mutations génétiques, notamment des gènes SOD1, C9orf72, TARDBP ou FUS.

  • Physiopathologie

La SLA se caractérise par l’atteinte conjointe : des motoneurones supérieurs, situés dans le cortex moteur et des motoneurones inférieurs, localisés dans le tronc cérébral et la moelle épinière. La dégénérescence de ces neurones provoque une dénervation musculaire, responsable d’une amyotrophie, d’une faiblesse musculaire progressive et de troubles moteurs diffus. Plusieurs mécanismes physiopathologiques sont impliqués : excitotoxicité glutamatergique, stress oxydatif, dysfonctionnement mitochondrial, anomalies du transport axonal, agrégation protéique anormale (notamment TDP-43), neuroinflammation chronique. La combinaison de ces mécanismes conduit à la mort neuronale programmée (apoptose).

  • Manifestations cliniques

La présentation clinique de la SLA est hétérogène. On distingue principalement : les formes spinales, débutant par une faiblesse d’un membre, les formes bulbaires, se manifestant par des troubles de la phonation et de la déglutition. Les signes cliniques associent : symptômes de motoneurone supérieur (spasticité, hyperréflexie), symptômes de motoneurone inférieur (amyotrophie, fasciculations, hypotonie). Les fonctions sensitives, sphinctériennes et oculomotrices sont généralement préservées. Les fonctions cognitives sont souvent intactes, bien qu’un continuum SLA–démence fronto-temporale soit aujourd’hui reconnu.

  • Diagnostic

Le diagnostic de la SLA est essentiellement clinique, reposant sur des critères internationaux tels que les critères d’El Escorial révisés. Il est confirmé par des examens complémentaires : électromyogramme (EMG) montrant une dénervation active et chronique, imagerie cérébrale et médullaire pour éliminer d’autres étiologies, examens biologiques à visée différentielle. L’absence de biomarqueur spécifique rend le diagnostic parfois tardif.

  • Prise en charge thérapeutique

Il n’existe à ce jour aucun traitement curatif de la SLA. Deux traitements pharmacologiques ont montré un bénéfice modeste sur la survie : le riluzole, qui réduit l’excitotoxicité glutamatergique, l’édaravone, un agent antioxydant, dans certaines formes précoces. La prise en charge repose principalement sur une approche multidisciplinaire intégrant : kinésithérapie et ergothérapie, orthophonie, assistance respiratoire non invasive, nutrition entérale si nécessaire, accompagnement psychologique et soins palliatifs précoces. Cette approche améliore significativement la qualité de vie et la survie.

  • Recherche et perspectives

La recherche actuelle explore plusieurs axes: thérapies géniques ciblant les mutations responsables, immunomodulation, cellules souches, biomarqueurs de diagnostic précoce et de suivi évolutif. L’identification de nouveaux mécanismes moléculaires ouvre la voie à des traitements personnalisés.

Dernières avancées de recherche sur la maladie de Charcot : Les recherches sur la SLA ont connu plusieurs avancées importantes récemment, ouvrant de nouvelles pistes pour mieux diagnostiquer et ralentir la progression de cette maladie neurodégénérative grave. Voici un résumé des dernières découvertes majeures (2024–2026) :

1. L’interleukine-2 à faibles doses (essai MIROCALS) a montré que de faibles doses d’interleukine-2 (IL2LD) pouvaient ralentir la progression de la SLA chez certains patients.

2. L’électroencéphalographie comme nouvel outil diagnostique (Inserm, 2024). Des chercheurs de l’Inserm et de l’Université de Strasbourg ont montré qu’un profil d’ondes cérébrales anormal détecté par EEG pourrait servir d’indicateur précoce de la SLA.

3. Nouvelles molécules en étude : NX210c et thérapies ciblées. Un laboratoire lyonnais développe une molécule baptisée NX210c, actuellement testée dans un essai clinique dont les premiers résultats sont attendus pour 2026. Cette molécule vise à protéger les neurones moteurs et à favoriser leur régénération.

4. Compréhension des mécanismes de la maladie. La recherche soutenue par la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM) explore : la neuro-inflammation, la perte d’énergie dans les cellules nerveuses, les protéines toxiques impliquées dans la dégénérescence des motoneurones.

Ces axes visent à identifier des biomarqueurs précoces et de nouvelles cibles thérapeutiques.

5. Nouvelles approches technologiques : les ultrasons. En 2025, des chercheurs français ont démontré qu’il était possible d’utiliser des ultrasons pour atteindre le système nerveux central, une avancée qui pourrait permettre de mieux administrer des traitements dans le cerveau des patients atteints de SLA.

Conclusion : La sclérose latérale amyotrophique est une pathologie neurodégénérative complexe, multifactorielle et encore incurable. Les avancées en génétique et en neurosciences ont permis de mieux comprendre ses mécanismes, mais des efforts importants restent nécessaires pour développer des thérapies réellement efficaces. La prise en charge globale et la recherche demeurent des enjeux majeurs de santé publique.

  • Bibliographie

Liste d’articles scientifiques récents (2024–2025) qui traitent de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), avec des thématiques variées allant de la physiopathologie à des approches thérapeutiques et à des biomarqueurs.

Articles scientifiques récents

1. Theunissen, F., Flynn, L., Iacoangeli, A., et al. Entering the era of precision medicine to treat amyotrophic lateral sclerosis. Mol Neurodegener, 2025 ; 20, 111.

2. Rofail, D., Chladek, M., Williams, B., et al. Advancing future amyotrophic lateral sclerosis medicines by incorporating the patient voice into patient-centered holistic measurement strategies. Neurology and Therapy, 2025 ;14, 1311–1343.

3. Nguyen, L. Updates on disease mechanisms and therapeutics for amyotrophic lateral sclerosis. Cells, 2024 ; 13(11), 888.

4. Perera Molligoda Arachchige, A. S. Rethinking ALS: Current understanding and emerging therapeutic strategies. AIMS Neuroscience, 2025 ; 12(3), 391–405.

5. Nijs M., Van Damme P. The genetics of amyotrophic lateral sclerosis. Current Opinion in Neurology, 2024 ; 37(5), 560–569.

6. Angum F., Bakhuraysah M., Acsharif FA., et al. Emerging biomarkers in amyotrophic lateral sclerosis: from pathogenesis to clinical applications. Front in Mol Biosci, 2025 ; 30, 12.

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